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PRESSE

Le Bureau

Le bureau n’est pas seulement le meuble auquel nombre d’entre nous passent une grande partie de leur vie. C’est aussi un miroir de nos idées sur la vie et le travail. Au fil du temps, sa forme donne une indication du statut social, des rôles de genre et du pouvoir, voire de l’émancipation de ses utilisateurs.

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Danny Venlet, Bulo, Easy Rider, 2002

Le Bureau présente vingt meubles d’écriture et cinquante accessoires de bureau de la collection du Design Museum Gent autour de huit thèmes. De l’écritoire mobile au secrétaire prestigieux ou au lieu de rangement secret… De la bête de travail efficace et du meuble de direction rutilant au ‘bureau sans bureau’… Avec, à la fin, un défilé d’accessoires autrefois si utiles mais tombés peu à peu en désuétude.

L’exposition a été réalisée en collaboration avec MacGuffin, un magazine de design qui raconte la vie remarquable des choses ordinaires. Alfred Hitchcock utilisait le terme ‘MacGuffin’ pour désigner les objets qui suscitent une histoire. Cette exposition prend elle aussi comme point de départ un objet du quotidien pour révéler les relations privilégiées qui l’attachent à ses utilisateurs.

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Secrétaire à abattant dans le style Louis XVI, ± 1780-1785, photo: Studio Claerhout

Le Bureau En Voyage

L’écritoire est un lointain parent de l’actuel ordinateur portable : un bureau de voyage. À l’exception des pupitres des monastères, la majorité des bureaux sont mobiles jusqu’au 17e siècle. Une écritoire tient sur les genoux, sur une table ou un socle. Les cours nobles et royales qui les utilisent se déplacent d’un siège du pouvoir à l’autre, d’un champ de bataille à l’autre, en emportant avec elles tous leurs biens. Les écritoires ont beau être portables, certaines n’ont pas le poids élégant de leurs descendants numériques.

Le Bureau De Prestige

Au 18e siècle, l’épicentre de la production de meubles se situe à Paris. Les règles strictes de la corporation des menuisiers-ébénistes garantissent une qualité supérieure et une spécialisation poussée dans les techniques de travail du bois. Les aspirants membres de la corporation suivent une formation d’au moins six ans qui se termine par la réalisation d’un chef-d’œuvre et l’espoir de pouvoir se mettre sur la liste d’attente d’un atelier.

La cour du roi de France commande des centaines de bureaux richement sculptés dans les styles rococo (ou style Louis XV) et néoclassique (ou style Louis XVI) qui ne sont pas nécessairement destinés à une utilisation intensive. Par leur raffinement artistique, ils soulignent avant tout l’opulence, le prestige et les loisirs des donneurs d’ordre.

L’influence de la cour de France permet aux ébénistes parisiens de se faire une clientèle internationale. À cet égard, le marchand mercier – l’équivalent de l’actuel distributeur de design – joue un rôle important. Selon le système corporatif français, le marchand mercier ne peut rien fabriquer lui-même, mais agit en tant qu’agent. C’est le début de la production de masse et de meubles intelligents qui combinent plusieurs fonctions, comme cette coiffeuse écritoire.

Bien des générations plus tard, la classe privilégiée apprécie toujours les styles Louis afin, surtout, de faire étalage de son bon goût.

Le Bureau Secret

L’utilisation du secrétaire aux 18e et 19e siècles reflète le besoin de la bourgeoisie de disposer d’un espace d’écriture personnel. Les lettres sont de plus en plus souvent écrites par leur auteur lui-même, au lieu d’être dictées. De là d’ailleurs la nouvelle signification donnée au mot ‘secrétaire’ : il ne désigne plus seulement une personne qui écrit des lettres sur ordre d’un tiers, mais aussi un nouveau meuble d'écriture.

La naissance du secrétaire est aussi étroitement lié à l’émancipation sociale de la femme. Le bureau plat ouvert est réservé aux hommes et est suffisamment large pour permettre à la fois au propriétaire et à son employé d’y prendre place. Le secrétaire, par contre, est un lieu intime, suffisamment grand pour ‘embrasser’ une seule personne, pourvu d’espaces de rangement verrouillables et de tiroirs secrets. C’est l’endroit idéal pour écrire des lettres, un passe-temps populaire à une époque où l’indépendance et l’expression de soi gagnent en importance. Pour les femmes en particulier, écrire des lettres est une façon de se développer et d’entretenir le contact avec le monde extérieur. C’est une occupation suffisamment privée pour ne pas être considérée comme un travail rémunéré, et suffisamment publique pour donner aux femmes une identité et une voix.

Le Bureau Industriel

Au début du 20e siècle, la révolution industrielle transforme le business en Big Business. Dans les pays occidentaux, la production, la consommation et l’administration sont plus importantes que jamais. Dans un premier temps, les bureaux ne constituent qu’une petite partie de l’usine, mais avec l’avènement des nouveaux moyens de communication comme le télégraphe et le téléphone, les ordres peuvent facilement être transmis à distance, et le bureau se détache de la zone de production.

D’abord, l’aménagement intérieur suit la disposition de l’usine, et les employés sont installés à de longues rangées de bureaux. Leurs chefs, inspirés par The Principles of Scientific Management (1911) de Frederick Taylor, insistent sur l’efficacité et la discipline. Les bureaux sont standardisés et renforcés, car l’écriture manuscrite est supplantée par de lourdes machines à écrire.

Après les dépressions et les deux guerres mondiales, le ‘bureau efficace’ perd de son lustre. On s’intéresse de plus en plus aux sciences comportementales, à la motivation des employés et à l’optimisation de leur communication mutuelle. C’est ainsi qu’à la fin des années 1950, on assiste à l’apparition du bureau de type ‘open space’ dans lequel le mobilier peut être disposé comme on l’entend.

Le Bureau Cockpit

Dans les années 1960, les nouvelles techniques développées dans un climat d’optimisme de progrès conduisent à une invasion du mobilier en plastique de forme très variable. Cette évolution inspire également le sculpteur français Maurice Calka : une sculpture en plâtre grandeur nature constitue la base du moule de ce bureau en polyester coulé, le Boomerang. Avec ses formes arrondies et sa surface brillante, ce meuble asymétrique paraît tout droit sorti d’un film de science-fiction. Tout indique que le producteur, l’entreprise traditionnelle Leleu-Deshays, est déterminé à y embrasser la modernité.

En adoptant ce bureau, le directeur progressiste prouve lui aussi qu’il est en phase avec son temps. Le grand frère du Boomerang, le PDG ou ‘président-directeur général’ bien nommé, est encore plus fonctionnel : cette version est dotée d’une extension comprenant un écran, un interphone, un briquet et un fauteuil pivotant monté sur un rail réglable. Plus encore que le Boomerang, le PDG incarne le nouveau manager. Le patron est certes toujours l’homme au cigare qui a tout sous contrôle, mais il fait à présent preuve d’originalité, de créativité et de bon goût.

Même Claude Pompidou aurait acheté un PDG pour le bureau de son président de mari. Si on en croit l’anecdote, elle aurait fondu en larmes lorsqu’elle est entrée à l’Élysée pour la première fois, en 1969. Elle charge aussitôt le designer français Pierre Paulin de moderniser les appartements privés du palais présidentiel. Le bureau de Calka correspond bien à la modernité qui, selon Paulin, doit émaner de la présidence. Aujourd’hui, le Boomerang est toujours apprécié des pop-stars et présidentiables en herbe.

Le Bureau Sans Bureau

Le rêve d’un lieu de travail flexible et non hiérarchisé des années 1960-70 sera supplanté dans les années 1980 par une vision : celle de la fin du bureau. Avec les progrès de l’informatique, les designers, managers et traqueurs de tendances se jettent sur l’idée d’une vie sans bureau. Au début, les prédictions des futurologues comme Alvin Toffler sont jugées utopiques. Selon Toffler, le bureau sera remplacé par des ‘télécottages’ à la campagne, et les bureaux vides seront transformés en espaces de vie. À partir des années 1990, l’ordinateur portable, le téléphone mobile, l’internet et le courrier électronique mettent les idées de Toffler à portée de main.

Cette nouvelle ère de l’informatique exige un mobilier de bureau différent. Le ‘poste de travail’ doit se faire mobile, plus personnel, microcosme permettant de travailler durant des heures à l’écran, sans distraction et avec le support adéquat.

Toutefois, la vie sans bureau ne s’imposera pas à grande échelle. Nous sommes plus mobiles que jamais et habitués au ‘hot desking’, au flexi-travail et au télétravail, mais de préférence derrière un bureau ou, tout simplement, à la table de la cuisine. Peut-être est-ce parce que nous ressentons le besoin de marquer notre territoire avec des photos, des livres et des mugs. À en croire certains, un bureau bondé serait même le reflet d’une vie intérieure riche. Ou, comme disait Einstein : « If a cluttered desk is a sign of a cluttered mind, of what, then, is an empty desk a sign ? »

La Vie Au Bureau

Montrez-moi votre bureau et je vous dirai qui vous êtes. Nos accessoires de bureau trahissent notre vie de bureau. À la fin du 19e siècle, le stylo-plume porte le coup fatal à l’encrier. Au cours des années 1980, l’ordinateur personnel ou PC rend la machine à écrire superflue. D’autres accessoires comme la corbeille à papier, la calculatrice, le calendrier et les dossiers ont reçu une seconde vie, numérique celle-là, sur le “bureau” de notre ordinateur. Dans un premier temps, ils conservent leur forme tridimensionnelle d’origine. Plus tard, ils seront remplacés par des symboles abstraits, en deux dimensions, ce qui réduit le risque de distraction sur des écrans toujours plus petits. Et ce qui tend aussi la main aux jeunes générations, qui n’ont connu ni caméras argentiques ni disquettes.

Le Bureau À Domicile

L’an dernier, le flexi-travail occasionnel a cédé la place au télétravail obligatoire. Le travail se fait aux tables de cuisine, aux établis, aux appuis de fenêtres et à des bureaux improvisés. Cette fusion de la vie quotidienne et du travail avait déjà inspiré Ann Demeulemeester à la moitié des années 1990. La créatrice de mode belge avait créé alors, pour la collection Carte Blanche du fabricant de meubles de bureau Bulo, la Table Blanche, une table de travail ‘vierge’, entièrement recouverte de toile blanche. C’est une toile multifonctionnelle qui peut laisser des traces sous forme de tâches, de cercles et d’empreintes.

Le travail à domicile peut être parsemé d’embûches : il n’est pas évident de rester concentré sur son écran lorsque le café est passé, que le panier à linge déborde, que le chien trépigne devant la porte et que le tiroir à chaussettes pleure pour être trié par couleur. Le chez-soi est un environnement idéal pour la procrastination – le fait de remettre le travail à plus tard. Dans la vidéo The Procrastinators (2011), les designers néerlandais Lernert Engelberts et Sander Plug expliquent comment onze créateurs gèrent cette tendance à procrastiner. Pour eux, plutôt qu’un nouveau départ, la toile blanche est souvent un vide effrayant ou une invitation à glander.

Information pratiques

Le Bureau
27.03.2021 – 12.09.2021
Entrée: € 10 | € 8 | € 6 | € 2 | € 0

Ouvert tous les jours de la semaine de 9:30 à 17:30
Ouvert le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires
de 10:00 à 18:00
Fermé le mercredi

Plus d’information presse et ou matériel visuel (non destiné à la publication)

Sandra Plasschaert
Cats Communication
Press & PR

+32 479 35 10 39
sandra@catscommunication.be


Simon Adriaensen

Design Museum Gent

Communication

+32 9 323 64 88
simon.adriaensen@stad.gent